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Belphegor: Le faux soleil
Volume VIII · L’Arbre de la Mort

Belphegor

Le faux soleil

Fait partie de la série L’Arbre de la Mort — Douze volumes — un pour chaque Sephirah adverse (Qliphoth).

'« Quand la lumière cesse-t-elle de révéler la vérité pour se mettre au service de la vanité ? »'

Il y a une salle de marbre et de hauts miroirs, et au plafond, peint avec soin, un soleil qui ne se lève ni ne se couche jamais — beau, immobile, froid. Tout y brille, et rien n'y réchauffe. Là demeure Tagariron, ceux qui se disputent entre eux la place du centre, l'ombre de Tiphareth, le Soleil qui réconcilie le haut et le bas et rend la lumière qu'il reçoit. Le nom que cette beauté sans vérité prend, lorsqu'elle sourit et absout avant même l'aveu, est Belphegor — frère opposé de Lucifuge : l'un cache la lumière, l'autre l'exhibe ; l'un fuit le trône, l'autre s'y assoit et recueille pour lui toute l'adoration.

Dans le huitième volume de L'Arbre de la Mort, Frater Eisenheim s'assoit devant l'intelligence de la flatterie — celle qui n'attaque pas la foi, mais la raffine seulement jusqu'à ce qu'elle serve le portrait de qui la professe. Belphegor ne ment pas, n'accuse pas, ne provoque pas : il loue. Il appelle bon goût ce qui est vanité, sérénité ce qui est lâcheté, contemplation ce qui est paresse — et chaque miroir de cette salle est placé là pour que le visiteur oublie de regarder vers la fenêtre. Ce n'est qu'en reconnaissant qu'une lumière qui veut être contemplée diffère d'une lumière qui veut réchauffer que l'interviewer trouve la seule issue : ni éteindre l'éclat, ni l'adorer, mais le rendre, purifié, à la Source d'où il venait.

Ce n'est pas un manuel. C'est une fenêtre — et ce qu'elle révèle, c'est la distance exacte entre la beauté qui montre le Haut et la beauté qui ne montre qu'elle-même.

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